Un vrai projet pour le quartier Carmes

On l'a bien senti lors de la réunion publique de la municipalité
d'Orléans de décembre : quelque-chose n'allait pas dans le projet
Carmes. Tandis que la salle demandait la piétonnisation du quartier,
Serge Grouard affirmait qu'il sentait que le quartier n'était pas prêt.
Pourquoi voulait-on mettre la rue au carré ? Pourquoi voulait-on raser les immeubles du XV° au XVII° plutôt que de les rénover ?

Parce
que la mairie n'a pas su ou voulu répondre aux habitants, l'opposition
a avancé ses pions sur ce dossier pour sensibiliser les habitants du
quartier. La présentation du contre-projet de l'opposition a eu bon
écho tant en réunion publique que dans les discussions dans le quartier.

Aussi,
alors que la mairie s'apprête à clore le débat (mené depuis le 15
décembre, donc en période de vacances !), on apprend dans la république
du centre de ce matin que la quasi-unanimité des commerçants (65 sur
67) a signé une pétition réclamant la piétonnisation de la rue !

Pas prêts pour la piétonnisation ? Les habitants n'attendent que ça depuis 30 ans ! Faut-il que l'on méprise tant un quartier pour ne pas se rendre compte de ses aspirations profondes !

Aujourd'hui,
les habitants réclament de poursuivre la concertation et de l'élargir à
la contre-proposition de la gauche . Il va être difficile à Mr Carré et
Grouard d'admettre qu'ils se sont trompés. Il leur sera également
difficile d'aller contre la volonté du quartier. Le jeu va sans doute
consister à faire des promesses aux commerçants qui sont, pour la
plupart des gens modestes. La question est de savoir si ces commerçants
vont céder devant des gens qui représentent une droite raciste (au
moins du point de vue social) puisqu'elle va jusqu'à dire, en privé et
en public, qu'elle veut  "nettoyer" le quartier. La question est enfin
de savoir à quel point le quartier est sensibilisé à son avenir et s'il
a une vraie volonté de le prendre en charge.

Comme le dit
Jacques Chavane dans son article de la République de Centre, ce dossier
parait plein de rebondissements. Car, qui dit piétonnisation, dit
tramway en site propre et suppression des voitures dans la rue.
Pourquoi alors aligner la rue en rasant les immeubles anciens ?
Pourquoi faire un parking pour les voitures qui ne sont plus là ?

Voilà
un projet encore une fois bien mal ficelé qu'il convient de reprendre
dans le bon sens : On veut un tramway ? On le veut en site propre pour
qu'il ne soit pas bloqué dans les embouteillage ? On veut une rue
piétonne, pourquoi pas tout le quartier, d'ailleurs ?

Ok, alors
on fait passer le tram. On piétonnise la rue créant ainsi de larges
trottoirs. On installe une station vélo+ à chaque bout de la rue.  On
rénove la rue et le quartier. Il est là le projet, le vrai, celui qui
respecte et le quartier et les habitants.

Bon les jeunes, vous
revoyez votre copie et vous repassez en deuxième semaine ? Et si on
mettait en route un vrai projet pour la rue des Carmes ?

Miguel.

Posted in décryptage, piétonnisation | 5 commentaires

5 réponses à Un vrai projet pour le quartier Carmes

  1. François GRIESMAR dit :

    Orléanais par ma mère et ayant séjourné de nombreuses fois dans « ma » ville, je suis horrifié par la barbarie et la monstrueuse sottise de ce projet digne des pires délires bagnolards des années 1960. Bien que vivant à l’étranger, j’aimerais savoir où en est cette affaire et si on aboutira à une solution intelligente et évidente : tram + piétons et vélos.
    Et puis, si votre association a besoin d’aide, même lointaine, indiquez-moi ce qui peut être fait.
    Merci de vous battre pour sauver Orléans.

  2. Cher Monsieur,

    Accepteriez-vous de m’adresser un mail dans le sens du commentaire que vous avez rédigé, avec vos coordonnées pour que je puisse le déposer, pour vous, sur les registres de l’enquête publique ?
    La piétonnisation est acquise. Voici un lien avec La Tribune d’Orléans qui vous donnera les derniers éléments. Voir page 6.
    http://www.loire-net.tv/media/tribune_pdf/orleans/tribune-orleans-241.pdf

    Merci pour votre aide.
    Cordialement
    Olivier Marchant

    • CHEVAILLIER Bruno dit :

      Voici la copie du courrier expédié à M. Ratinaud

      Enquête publique ZAC Carmes-Madeleine

      Nous sommes opposés au projet municipal pour les raisons suivantes :

      Sur le plan sociétal voire sociologique :
      La rue des Carmes est un exemple remarquable de mixité sociale à Orléans. Nous pensons que le projet municipal aura pour effet un phénomène de gentrification qui fera fuir les habitants actuels vers les ghettos urbains des banlieues. Non à l’entre soi ! Qu’ Orléans devienne enfin une ville ouverte à la diversité et non au repli sur soi et à la sécurité frileuse.

      Sur le plan de la vie des petits commerces :
      Le projet municipal permettrait, une fois de plus à Orléans, d’ouvrir des enseignes et des franchises qui tuent les lieux de convivialité (bars, petits commerces…). Pourquoi donc s’acharner à détruire les petites unités commerciales de la rue des Carmes qui, demain, offriront des commerces diversifiés, ouverts sur l’artisanat d’art, les cultures étrangères et le commerce de proximité ?

      Sur le plan de la vie culturelle :
      Il faut que le cinéma Les Carmes puisse continuer à vivre et à tisser des liens avec les partenaires qui sont déjà les siens dans le quartier (librairie  Les temps modernes  par exemple). La venue d’étudiants (si elle a lieu ?) donnera à ce pôle culturel un nouveau souffle plus efficace que des mètre de vitrines de magasins chics.

      Sur le plan de la circulation piétonne et cycliste :
      Il faut absolument que la rue des Carmes soit entièrement piétonne et qu’ il n’y ait pas de « pénétrante voiture ». La rue sera assez large pour prévoir une voie cyclable ou faire partager l’espace entre vélo et piétons comme cela se fait déjà ailleurs sur des trottoirs beaucoup moins larges.

      Bruno et Arlette Chevaillier le 15/12/2011

  3. François GRIESMAR dit :

    [Pour insertion dans les registres de l’enquête publique ouverts en Mairie d’Orléans]

    Citoyen français, je suis Orléanais par ma mère [mon grand-père, Louis Desjardin, était Maître Imprimeur rue Charles Sanglier] et connais très bien ma ville dans laquelle j’ai souvent séjourné.

    I – Un projet vandalisant et rétrograde

    Je suis donc stupéfait, bouleversé et indigné par les projets de la municipalité prévoyant la destruction de nombreux bâtiments anciens du plus grand intérêt rue des Carmes ; c’est en soi inacceptable et encore plus pour faire place aux voitures : le tramway a justement vocation à remplacer la voiture individuelle en ville, surtout au centre ! En outre, Orléans a déjà terriblement souffert des destructions de 1940-44 et des saccages urbanistiques des années 1950 à 1970 – dont le présent projet est un « digne » héritier : on doit donc préserver le patrimoine qui nous reste sans les indéfendables « compromis » ou « bricolages » envisagés (déplacer quelques façades mais raser des dizaines de bâtiments) pour cacher l’essentiel (un vrai massacre architectural).

    Les destructions urbanistiques programmées rue des Carmes relèvent d’une conception de l’urbanisme archaïque et rétrograde (aligner les bâtiments, obsession haussmannienne et adapter la ville à l’automobile, monstruosité pompidolienne) et à court terme visant à satisfaire les promoteurs et les partisans de la présence massive de la voiture en centre-ville.

    NB : aux dernières nouvelles, il semble que cette rue devrait devenir piétonnière (avec passage du tram, je l’espère) ; mais la municipalité maintient toutefois son monstrueux projet consistant à démolir un côté de la rue : quelle peut en être désormais la « justification » sinon la volonté de réaliser une opération immobilière qui fera certainement quelques heureux du côté des banques et promoteurs ? À moins que cette municipalité croie vraiment aux « vertus » de l’alignement « hygiéno-casernesque » des rues type haussmannien, à l’opposé de ce qu’est la rue de Bourgogne, pendant est de la rue des Carmes… Dans les deux cas, c’est à hurler et ce projet ne doit pas aboutir.

    II – Des arguments mauvais, voire trompeurs

    On doit en outre savoir qu’un bâtiment dit de « grand intérêt architectural », à savoir le numéro 45 de la rue des Carmes, avait initialement cité comme tel dans l’étude du cabinet de Patrick Chavannes, auquel la municipalité a fait appel ; or, sans explication, la mention de ce bâtiment a disparu de l’étude de ce cabinet. C’est une manipulation visant à cacher un élément essentiel dont l’existence risque à elle seule d’empêcher la destruction projetée : dès lors, on ne peut avoir confiance dans un projet bafouant l’exigence de transparence qui est impérative dans un pays démocratique et, plus généralement, dans l’ensemble de la démarche de la municipalité qui est ainsi discréditée.

    Enfin, les propos tenus par Patrick Chavannes sont indéfendables : avec arrogance, il juge le « contre-projet » « passéiste » et « désuet » et affirme « Notre projet rentre dans le cadre d’une vision plus large de renouvellement du centre-ville » [la guerre et l’urbanisme des années 1950 à 1970 ont déjà bien « renouvelé » une bonne partie du centre-ville, merci bien !] « Dans ce contexte, l’élargissement de la rue est quasi-incontournable [affirmer n’est pas démontrer]. Ni la valeur patrimoniale [c’est un mensonge : cf. notamment le 45 rue des Carmes], ni l’état du bâti [il faudrait un avis impartial émanent de personnes compétentes et désintéressées] ne plaident pour un maintien de l’existant. D’autant plus que reconstruire à neuf est beaucoup moins cher ». Il indique aussi vouloir « réinterpréter au plus juste la ville ancienne dans son expression contemporaine ». Ce déluge de langue de bois est typique des architectes concepteurs ou auxiliaires de saccages architecturaux et urbanistiques : je suis de mon temps contrairement à mes adversaires qui sont des arriérés, ma solution coûte moins cher [notamment parce qu’elle permet de réaliser des juteux profits immobiliers] et d’ailleurs le résultat sera bien meilleur qu’une restauration [qui ne permet pas au « génie » de l’architecte de s’exprimer, prétention assez répandue dans cette profession : et puis ce n’est pas avec une bête restauration visant modestement à respecter et mettre en valeur le cadre bâti que notre génial architecte pourra obtenir une Équerre d’argent, le Goncourt de la profession !]

    En sens inverse, le projet du cabinet d’architectes Barriol et Didelon tel que présenté dans La Tribune d’Orléans N° 241 du jeudi 08 décembre 2011 met pleinement en valeur cet intéressant patrimoine architectural : particulièrement dans un centre-ville qui a tant souffert de destructions, à deux pas de tant de hideuses constructions d’après-guerre, on ne doit pas encore casser mais respecter et mettre en valeur le cadre bâti : modestie, bon goût et respect de la démocratie doivent être les critères de décision.

    *

    Il faut faire échec à ce projet désastreux. Que la municipalité d’Orléans fasse plutôt son devoir en favorisant la rénovation in situ des bâtiments intéressants qui nous restent : quand comprendra-t-on que la beauté architecturale d’une ville est non seulement une joie pour tous les habitants et les amateurs de beauté mais aussi, à moyen et long terme, un atout en termes d’image et de retombées économiques ? Il suffit par exemple de comparer la fréquentation et l’animation de la rue de Bourgogne aux nombreux bâtiments anciens restaurés et l’ambiance de la rue des Carmes qui associe bâtiments anciens non encore restaurés et hideuses constructions d’après-guerre (c’est celles-là qui mériteraient d’être démolies).

    François GRIESMAR

  4. Michel Isambert dit :

    La marche à pied dans les petites rues du Centre d’Orléans, où on peut voir des bâtiments qui ont une histoire est très appréciable que nous soyons habitants de l’AgglO ou touristes accompagnés. S’arrêter pour faire un achat dans une petite boutique accueillante ou pour prendre une bière, j’en ai la mousse à la bouche.
    Alors rue des Carmes pas de chamboulement, qui rappellerait les jours sombres de l’après-guerre, chamboulement incompréhensible à imaginer qu’il est sorti de la tête de démocrates temporairement à la mairie de la Capitale Régionale. Mais un aménagement doux, humain, à l’échelle de ce centre-ville qui doit garder son histoire et sa chaleur humaine. Une rue rajeunie dans le respect de son passé qu’on aura voulu mettre en valeur et où il fasse bon vivre ou simplement passer dans un tram moderne, en vélo ou à pied. Les études faites par les citoyens démontrent aussi l’importance de l’économie faite en réalisant ce projet proposé par des habitants du quartier des Carmes. Merci à eux, parce qu’il me permettra de ne pas à avoir à « contribuer » une réalisation de destruction et de reconstruction sur-dimensionnée et non désirée par tant de personnes concernées.

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